Flushgate : qui va nettoyer ?

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Ce n’est pas l’envie qui manquait d’écrire à propos du Flushgate depuis le début de ce scandale. Mais ce qui était au début un simple avis de travaux obligatoires de la Ville de Montréal s’est transformé en débat public, à ma (presque) plus grande surprise.

Il faut comprendre que rarement dans le passé des questions d’environnement ont soulevé les passions. Il appert cependant que la donne est en train de changer, peu à peu.

On l’a vu avec l’opposition de maintes villes et de l’ensemble des Québécois au projet Énergie Est, qui ferait passer du pétrole sur nos terres et sous notre fleuve à nos risques et périls.

Pour en revenir au Flushgate, dont le déversement de 8 milliards de litres a commencé le mardi 10 novembre, la Ville de Montréal et son maire Denis Coderre, si sensibles à l’environnement (!) ont accepté de suivre toutes les recommandations du ministère fédéral de l’Environnement. Grosso modo, on fera des tests de qualité de l’eau un peu partout.

D’accord. Mais y aura-t-il un nettoyage des berges ? Oui, certains sédiments flottent et sont interceptés. Mais pour tous les autres, ils ne disparaîtront pas comme par magie dans le golfe du Saint-Laurent ou dans l’océan Atlantique. Ces sédiments iront se poser au fond de l’eau, exactement où les jeunes et les chiens se baignent. Là exactement où de nombreux Montréalais pêchent tous les jours, où plusieurs entreprises de location d’embarcations nautiques œuvrent. Et… là exactement où les deux futures plages de Montréal (Verdun et Pointe-aux-Trembles) seront aménagées !

Quel est le signal qu’on envoie à la population ? Polluez, polluez, et ensuite tombez malades?

Selon une analyse menée par Sébastien Sauvé, professeur de chimie environnementale à l’Université de Montréal, au parc du Fort-de-Pointe-aux-Trembles, la concentration de contaminants mesurée a été multipliée par 10 après le déversement. «À cet endroit, on atteint un niveau suffisant pour fermer une plage et empêcher la baignade et les contacts avec l’eau», explique-t-il. Selon lui, un citoyen qui touche à une telle eau s’expose à des risques d’infections comme des otites ou des dermatites, ainsi qu’à des diarrhées.*

Serait-il possible que la Ville, nos ministères fédéral et provincial de l’environnement s’engagent à nettoyer d’une quelconque façon le fond de l’eau, au moins près des berges ?

Nous n’avons pas de félicitations à faire à ces différentes instances pour leur gestion environnementale je-m’en-foutisme. Cela dit, bravo aux maires des villes en amont, qui ont osé critiquer la situation, et félicitations aussi aux Mohawks pour leurs protestations. Comme disait un de leurs chefs hier : «l’eau, c’est la vie». «Le déversement ne concerne pas juste notre communauté, pas seulement les humains, ça touche aussi les poissons, les oiseaux, les animaux. Ça va amener des maladies.»

Les autorités responsables devront nettoyer leur dégât.

*Extrait d’un article publié sur le site de La Presse

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